

« Soutenir, aider et informer les personnes aux prises avec des abus de la part de la «Protection de la jeunesse » ou de ses intervenants; dénoncer les abus dont ils sont victimes; encourager et soutenir les changements aux différentes dispositions qui amènent ou permettent ces abus; offrir une tribune aux abusés. » . Tels sont les principaux objectifs d’un nouvel organisme, attendu depuis longtemps et par plusieurs : «La Société d’aide et d’information aux victimes de la D.P.J. ( S.A.I.V.D.P.J).»
En effet , depuis des années, selon les dirigeants de la S.A.I.V.D.P.J , les abus de pouvoir, les dérapages, l’arbitraire et la manipulation sont non seulement observables mais font aussi l’objet d’une pratique courante dans l’ensemble du réseau de la «Protection de la Jeunesse». Ce qui est inquiétant dans ce constat , vous dira Gilles Boivin, président de la S.A.I.V.D.P.J, c’est que malgré les dénonciations, les avis et les signaux d’alarme émis par plusieurs groupes et personnalités comme l’ex-juge Ruffo, Paul Arcand («Les voleurs d’enfance»), Bernard Favreau («Janus, l’autre visage du système…», G.R.A.N.D. ou «Assez du D.P.J.», la situation , loin de s’améliorer , se détériore et le D.P.J. tend à vouloir accentuer son pouvoir.
Depuis plus d’un an, les membres de la S.A.I.V.D.P.J. recueillent et analysent des informations et des témoignages. Ils sont issus du milieu communautaire, de divers conseils d’administration, de corporations professionnelles ou certains ont eu à croiser le fer avec les agents de la D.P.J. D’autres sont même d’anciens « enfants du D.P.J.» Ils en sont tous arrivés à un même constat. Les récits d’abus ne représentent pas des cas isolés, ils sont généralisés à l’ensemble du Québec. Les mêmes problèmes apparaissent partout et se perpétuent.
Selon eux, il faut donc arrêter de simplement dénoncer. Il faut agir, aider et intervenir sur le terrain. La souffrance , le désarroi et la solitude vécus par les enfants, parents et grand-parents, victimes d’abus de la part de la «Protection de la Jeunesse» , le commandent. C’est pourquoi, le 6 décembre dernier, fut créé la S.A.I.V.D.P.J. et l’organisme ne réclame rien de moins qu’une enquête publique sur les agissements de la «Protection de la Jeunesse » et de ses travailleurs.
Dans certains «centres jeunesse» , comme dans celui de Ste-Agathe-Des-Monts, la situation inquiète vraiment. Plusieurs témoignages mettent en relief la compétence parfois douteuse de certains intervenants. Les enquêtes sont souvent peu approfondies. Plusieurs gestes des intervenants sont posés sur la base d’impressions, de perceptions, de réactions souvent provoquées chez la clientèle par l’intervenant lui-même. Certains agents semblent incapables de proposer des plans d’action adaptés, le moindrement élaborés ou efficaces pour aider les parents demandeurs d’aide . La «déportation familiale» semble être le remède à tout.
En effet, le placement à long terme semble la seule solution envisageable pour faire face à toutes les problématiques. Et alors qu’il est parfois plus qu’évident que cela détruit des enfants, des adolescents, leurs parents ou leurs grands-parents et amènent d’autres problématiques, les intervenants préfèrent fermer les yeux et s’entêter à poser des gestes répréhensibles, pour ne pas perdre la face. Quitte apparemment à menacer ou manipuler ou à affirmer en cour des demi-vérités, des faussetés ou à effectuer des affirmations non fondées, pour garder le contrôle et arriver à leurs fins. On pourrait même couvrir de mauvaises familles d’accueil si nécessaire.
De plus, on «judiciarise» rapidement les dossiers car cela permet d’obtenir aussi rapidement des pouvoirs, via les clauses dans les jugements où on mentionne « à la discrétion du directeur de la Protection de la Jeunesse» , comme sur les droits de visite. Les grands-parents apparaissent aussi être régulièrement écartés des dossiers alors qu’ils pourraient apporter une aide considérable. De même, on remarque que les rapports des spécialistes embauchés par les parents sont souvent rejetés au profit de ceux des «experts» faisant affaire avec la «Protection de la Jeunesse». La recherche de contrôle semble omniprésente. Des parents , au bout du rouleau, doivent dépenser des milliers ou dizaines de milliers de dollars en frais de cour pour récupérer leurs enfants, quand ils les récupèrent et ils ne s’agit pas ici de parents fautifs! Ces derniers lors des visites ou des appels téléphoniques aux enfants , sont d’ailleurs souvent traités sans raison comme des criminels à surveiller.
Finalement , vous croyez que droguer des enfants est une chose répréhensible? Sachez que la «Protection de la Jeunesse» permet apparemment (voire «ordonne» ) à certains centres d’accueil, comme à St-Jérôme, de droguer des enfants. Selon la S.A.I.V.D.P.J.,
un couple a vu son fils de 11 ans, placé en centre d’accueil, forcer de prendre une triple dose de Ritalin le jour et une dose de Valium au coucher, parce qu’il était trop turbulent…Pour l’organisme, le pouvoir du système québécois de la Protection de la Jeunesse est devenu plus qu’inquiétant.
Même si la rectitude politique voudrait que l’on ne fasse pas cette analogie , nous ne parlons pas ici de situations qui ont cours en Chine ou en Corée du Nord mais bien au Québec.
C’est pourquoi est née la S.A.I.V.D.P.J. Elle se veut le chien de garde des valeurs fondamentales à la base de la création du système de protection de la jeunesse au Québec. Malheureusement, si cette nouvelle corporation peut informer , aider et soutenir les abusés, son conseil d’administration demeure convaincu qu’on ne pourra faire face à l’ensemble du problème sans un appui politique
En effet, la situation a pris l’allure d’une pandémie. Ajouter à cela les nouveaux pouvoirs obtenus par les DPJ à travers la province, via la loi 125, pour des adoptions rapides d’enfants, et la table est mise pour encore plus d’abus.
Collectivement, il est clair que nous en paierons le prix, aux plans humain et financier. Entre autres, soyons bien conscients que des recours collectifs du type des «orphelins de Duplessis» sont à prévoir. C’est pourquoi la S.A.I.V.D.P.J. demande que nos élus politiques et le législateur interviennent de façon urgente. Des questions doivent être posées à l’assemblée nationale , entre autres via une commission parlementaire ( les risques auxquels font face les familles ne se situent pas qu’au niveau des ponts et des viaducs …). Des correctifs doivent être apportés aux pratiques en vigueur dans les centres jeunesse et on doit connaître les motivations à la base de celles-ci . Des amendements à la loi 125 ou la création d’un ombudsman pour les abusés pourraient être les premiers mouvements d’une réforme souhaitée .
Finalement, c’est ainsi qu’au nom des enfants et des familles du Québec , la S.A.I.V.D.P.J. souhaite que son cri d’alarme soit entendu.
Gilles Boivin
Président S.A.I.V.D.P.J.
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